Le festival du film politique

Vendredi 28 août : Décryptages
15h30 – 16h40 :
« Part de Marchais », d’Yves Jeuland
Lobster films – 72 minutes.
Georges Marchais, acteur du petit écran ? Dix ans après sa disparition, le 16 novembre 1997, Yves Jeuland se demande ce qui reste de cet homme médiatique. Du début des années 1970 à son retrait du poste de Secrétaire général du Parti Communiste français en 1994, il aura marqué de son style si particulier les débats télévisés, opposé à ses adversaires politiques ou soumis aux questions de journalistes. Portrait d’un Georges Marchais en images, traversant victoires et défaites médiatiques. Une plongée dans la télé de l’après de Gaulle.
17h15 – 18h15 :
« La démocratie des moi » de Bernard George
Arte – 52 minutes.
Avec cette « petite histoire de la personnalisation en politique » – sous-titre du documentaire – Bernard George retrace, images d’archive et interventions d’historiens à l’appui, comment la vie privée des politiques est devenu un objet de communication.
Depuis Antoine Pinay, se dévoilant au moment du lancement de son emprunt, en 1952, jusqu’à l’actualité la plus récente, le film montre comment l’arrivée massive de la télévision dans les foyers puis l’élection du Président de la République au suffrage universel direct ont participé de l’évolution d’une pratique politique où il s’agit au moins autant de séduire que de convaincre.
18h30 – 19h30 :
Conférence de Denis Bertrand sur le décryptage de l’image.
A la manière de « Denis décode », pastille de décryptage des images de l’actualité, développée par la Générale de Production, Denis Bertrand, sémioticien, Professeur à Paris 8 et l’IEP Paris nous explique en direct le sens et la symbolique de quatre séquences à décortiquer pour révéler ce qui se cache derrière l’image, derrière la mise en scène. A chaque extrait, nous décomposerons l’analyse en autant de visionnages que de niveaux de décryptages.
Samedi 29 août : Engagements
9h30 – 11h30 :
« La domination masculine » de Patric Jean.
Elzévir Films – Black moon – UGC
« Je veux que l’on se dispute en sortant de la salle. » C’est ce qu’écrivait Patric Jean, jeune réalisateur belge, en préparant son film. En commençant par le cas extrême d’un homme qui tue quatorze femmes simplement parce qu’elles prennent la place des hommes dans la société, le narrateur se met subjectivement en quête de ce qui, dans le monde occidental, permet, organise ou justifie l’injustice et la violence envers les femmes, le patriarcat. Au travers de situations cocasses ou déchirantes, le film explore sans tabous notre monde actuel, dans plusieurs pays (Belgique, Québec, France), pour brosser le portrait d’une domination masculine partiellement contestée dans laquelle l’homme se bat néanmoins pour trouver sa juste place et où les femmes continuent trop souvent de souffrir.
11h15 – 13h :
« Salvador Allende. 2004 » de Patricio Guzman
JBA Production – 100 minutes.
« Je me souviens du 11 septembre 1973, jour sombre où l’Amérique fomenta un coup d’Etat pour abattre la révolution pacifique et démocratique qui se construisait dans mon lointain pays, le Chili, éliminant son Président de la République, Salvador Allende, ce « fils de p.. » comme se plaisait à le dire Richard Nixon. Je n’oublierai jamais la brutalité de la dictature alors mise en place pour plus de 17 années, années de souffrance, de mort, d’exil et d’écrasement de la mémoire. Il est temps de se souvenir de Salvador Allende, cet homme atypique, révolutionnaire et fanatique de démocratie jusqu’au suicide, pour des raisons historiques certes, mais aussi pour sa cruelle actualité… ». Au travers d’images d’archives et d’un recueil de paroles intime et exigeant, Guzman retrace l’irrésistible ascension de Salvador Allende et l’incroyable communion de cet homme avec tout un peuple.
15h – 16h45 :
« The War room » de D. A Pennebaker.
Cyclone Films – 96 minutes.
Sorti en 1996, The War Room relate la campagne présidentielle de Bill Clinton en 1992 vue des coulisses, et le rôle des « spin doctors » James Carville et George Stephanopoulos. Au-delà d’un documentaire sur la machine de guerre électorale américaine, le film raconte comment les hommes du futur Président organisent la campagne et le franchissement des obstacles, depuis la première primaire du New Hampshire jusqu’à la victoire finale.
17h15 – 19h30 :
« Penser la vitesse » de Stéphane Paoli (17h15-18h15),
suivi d’un débat avec Paul Virilio (18h30-19h30).
La Générale de Production, 52 minutes.
Vous aviez rêvé d’ubiquité, Internet l’a rendue possible. La vitesse de la mise en réseau planétaire interroge notre vie quotidienne dans tous ses aspects, économie, culture, politique. Résistera-t-elle au Temps Réel de l’électronique ?
Paul Virilio, par sa réflexion et ses écrits, a démontré que l’Histoire contemporaine est fille de la vitesse. Sa prophétie de l’Accident Intégral, produit de l’instantanéité dans le monde global n’a-t-elle pas déjà eu son préambule dans le bogue de l’an 2000 ? La dé-synchronisation du temps humain et du temps technologique est engagée pour la première fois dans l’histoire de l’humanité. Être ici et là au même instant fait-il de nous des mutants ? De façon inédite, cette histoire fulgurante portée par la pensée de Paul Virilio se confronte à la réflexion de philosophes, d’acteurs politiques, d’artistes et de journalistes internationaux.



