Les Primaires pour le Parti socialiste doivent réconcilier les partis de gauche avec le peuple français. Ces nouvelles formes de militance ne doivent pas être ressenties comme une menace pour le parti mais plutôt comme un outil vital de victoire pour la gauche.
C’est dans une ambiance particulièrement passionnée dans une salle débordante de militants que s’engage le débat de cet atelier.
Arnaud Montebourg donne la parole à Pascale Boistard.
Pascale Boistard fait remarquer combien le sujet des Primaires reste brûlant et que cela implique d’avoir une méthodologie claire. Elle précise qu’un calendrier soumis aux militants décidera du pour ou contre des primaires et du non cumul des mandats comme l’a annoncé la Première secrétaire.
Les Primaires, c’est aussi une nouvelle forme de militantisme impliquant un réseau social étendu en élargissant aux sympathisants de gauche. Cette forme d’élargissement, de parrainage permettra de dire non à la politique de Sarkozy, mais également de faire des propositions plus larges, d’avoir un projet cohérent, précis et des méthodes nouvelles qui méritent d’être étudiées.
C’est une révolution qui peut donner envie de prendre part à un large débat de gauche. Ecouter et travailler ensemble reste un défi pour nous et nos militants.
Arnaud Montebourg précise :
Ce changement de méthodes d’action, de militantisme, cette transformation est devenu une nécessité.
C’est penser à notre future gouvernance, à notre vitalité.
C’est penser à nous, penser aux Français, à une stratégie qui bouleverse l’histoire politique de notre parti.
C’est penser un travail de décloisonnement permettant des échanges horizontaux et moins pyramidaux que celui de l’ancienne organisation.
C’est penser l’accès à un plus grand nombre de Français.
C’est penser à un rassemblement de tous les partis de gauche et même à l’élargissement.
Les militants apprennent autrement aux contacts des uns et des autres et sont prêts à s’enrichir d’expériences nouvelles.
A l’heure actuelle, l’élection présidentielle doublée du changement de calendrier font basculer la France dans le présidentialisme, un système de grande violence aux conséquences négatives multiples :
- fragmentation dans tous les partis de gauche ;
- crise identitaire et idéologique ;
- désagrégation de notre parti, d’où aucune possibilité de reconquérir le pouvoir ;
- installation d’un dispositif très violent qui impose son ordre avec risque pour la démocratie ;
- diminution des systèmes de contre-pouvoirs ;
- dépendance des médias.
Au contraire, les primaires permettraient de préserver notre culture sociale et humanitaire et offriraient aux citoyens les voies d’une réconciliation avec le politique.
Fort de sa conviction, Arnaud Montebourg rend compte de son analyse, issu de son voyage d étude aux USA, de la victoire d’Obama. Il s’attarde sur la stratégie employée, sur le recrutement, au départ de 2000 cadres Internet qui ont travaillé sans relâche et ont investi la « toile » et épousé la cause Obama.
Il n’a pas hésité à organiser un quadrillage de tout le pays quatre ans auparavant, ce qui lui a permis de lever une armée de militants qui se sont impliqués fortement aussi bien sur la toile qu’en porte à porte, même dans les coins ingagnables et retirés.
Il est convaincu que c’est ainsi que la gauche gagnera aux élections présidentielles et reprendra pieds dans la société. Il précise que lorsqu’il parle de Primaires, il faut entendre « Primaires ouvertes » à toute la gauche.
Patrick Mennucci acquiesce. Cela n’empêchera pas le Parti de faire des propositions, de réfléchir sérieusement à une politique de gauche, de dégager un projet, de s’interroger sur lui-même et ses relations avec les autres partis.
La victoire d’Obama doit nous être utile. Mais, il ne croit pas aux primaires fermées entre socialistes. On a vu ce que cela a donné à la dernière Présidentielle : ou on est d’accord avec le projet socialiste ou le projet se neutralise et dans ce dernier cas, on est accusé de trahison.
Le projet de la gauche doit être porté par les Français et les candidats. C’est ainsi que l’on gagnera, en s’appropriant tous le projet et en participant.
Il rappelle que ce sujet n’est pas nouveau, qu’il était déjà à l’ordre du jour dans deux motions à Reims et le non-cumul des mandats également.
Les Primaires élargies structurent les relations avec le peuple et si nous ne nous adaptons pas, nous perdrons à nouveau les élections. Les dirigeants du parti s’éloigneront du clientélisme ; nous sortirons du système des courants qui nous divise ; le choix du leader ne pourra plus être contesté ; cela nécessitera une entente de toute les gauches.
Cette nouvelle stratégie engagera les Français qui se sentiront plus écoutés et se mobiliseront. C’est utile nationalement et même localement.
Beaucoup de questions auxquelles ont répondu les personnes à la tribune en guise de conclusion.
- Le calendrier doit être bien défini ;
- Les Primaires impliquent des changements dans les statuts et donc un congrès extraordinaire ;
- La réussite d’un vrai maillage sur tout le pays implique qu’on s’y prenne déjà maintenant ;
- Les animosités entre courants doivent cesser ;
- Le Parti doit accepter sans a priori des Primaires ouvertes à toute la gauche, en ce qui concerne une ouverture plus large, cela doit être décidé ensemble ;
- Les élus doivent accepter le non cumul des mandats.
- On doit accepter l’idée que nous sommes dans une société médiatique mais l’on ne doit pas accepter que le vote soit dicté par les sondages ou les médias;
- Il est souhaitable que les décisions concernant des primaires soient prises avant les régionales ;
Pour les intervenants, le choix de Primaires doit se dérouler sereinement. Il ne faut pas avoir peur du peuple. La gauche rassemblée et non divisée ne peut que gagner. C’est donc un progrès pour le Parti socialiste et non un danger. Cela va créer une dynamique nouvelle et une mobilisation. C’est un pari idéologique pour la gauche.
Coordination : Arnaud Montebourg
Intervenants : Pascale Boistard et Patrick Mennucci (remplaçant de Jean-Pierre Mignard)



